| Horizons et débats > 2009 > N°24, 22 juin 2009 > Les terres agricoles des pays pauvres sont très convoitées | [Imprimer] |
Les terres agricoles des pays pauvres sont très convoitéespar Stephen Leahy, InfoSüd/IPSSelon Joachim von Braun, directeur de l’Institut international de recherche sur les politiques alimentaires» (IFPRI),* en Afrique et en Amérique latine, plus de 20 millions d’hectares de terres agricoles ont été acquises par des sociétés et des gouvernements étrangers. Il s’agit là d’un «accaparement de terres» qui est monté en flèche depuis la crise alimentaire de l’année dernière. Les pays riches à court de terres agricoles ou d’eau cherchent à se procurer des terres agricoles ailleurs afin d’assurer la sécurité alimentaire de leur population. Ces marchés manquent considérablement de transparence. Acquisitions et concessions dans des régions en criseA Madagascar, le géant coréen Daewoo Logistics Corporation a signé un contrat de bail de 1,3 million d’hectares destinés à la culture de maïs et d’éléis (dont on tire l’huile de palme) qui a joué un rôle déterminant dans les conflits politiques ayant conduit au récent renversement du gouvernement. Un grand marché gris et des transactions non contrôléesEn raison du manque de transparence des marchés privés, le chiffre actuel des contrats dépasse de loin les estimations de l’IFPRI, déclare Devlin Kuyek, chercheur de GRAIN, une ONG vouée aux questions agricoles et basée à Barcelone. Il accuse les pays riches de pratiquer le néocolonialisme en exploitant les terres, le soleil et l’eau des pays pauvres, pour assurer l’approvisionnement de leur population. Derrière cette délocalisation de la production alimentaire vers les pays pauvres se cache la volonté de plusieurs pays de ne plus être tributaires des grandes multinationales agroalimentaires. Danger pour les petits paysans, les bergers et les autochtonesMais le sort de centaines de milliers de petits paysans, de bergers et d’autochtones est encore pire, car ils ne possèdent pas de titres de propriété et risquent de se faire expulser de leurs terres. Selon Ruth Meinzen-Dick, chercheuse à l’IFPRI, les étrangers ne reconnaissent pas le droit coutumier. La communauté internationale devrait mettre en place un code de conduite qui reconnaisse les droits de propriété des autochtones, garantisse la transparence, partage les bénéfices, encourage une production respectueuse de l’environnement et assure la sécurité alimentaire de la population locale. Les terres agricoles: un placement de capitauxDevlin Kuyek, expert de GRAIN, est d’un autre avis: «Ces investissements n’ont pas pour objectif de développer l’agriculture mais de faire des profits et d’approvisionner les marchés». C’est aussi l’avis de Janice Jiggins, de l’Institut international pour l’environnement et le développement (IIED): Des établissements financiers tels que la Rabobank néerlandaise participent à ce commerce de terres agricoles. • * IFPRI: Interantional Food Policy Research Institute, www.ifpri.org/pubs/pb/bp013.pdf |
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