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10 septembre 2010
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Horizons et débats  >  2010  >  N°5, 8 fevrier 2010  >  Bestialement humain [Imprimer]

Bestialement humain

par Oskar Freysinger, conseiller national UDC, Valais

La demande exagérée d’un avocat pour animaux, sur laquelle le peuple Suisse votera le 7 mars, montre surtout que lorsque l’homme s’animalise, cela est accompagné d’une humanisation de l’animal, de la même façon que l’humanisation du divin implique une divinisation de l’homme (star-système). Si plus personne n’est à sa place, ni l’homme ni l’animal, alors disparaît aussi le respect mutuel pour ce qui est différent. Le respect pour l’animal en tant qu’animal (et pas en tant que pseudo-homme) ne peut être garanti que si l’homme se comporte humainement (et non pas comme une bête). Le respect qu’il porte à l’animal n’est alors rien d’autre que l’expression du respect qu’il porte à sa propre humanité. Mais dès lors que des doutes justifiés sont apparus ces derniers temps quant à l’humanité de l’homme, celui-ci tente de répondre à l’animalisation de l’humain par une élévation des animaux au niveau de l’homme dans le secteur juridique.
Cette tentative ne peut qu’échouer, parce qu’il manque l’acceptation dans les cantons, dans lesquels règnent des conditions très différentes. Toute l’opération risque de se transformer en programme d’occupation pour juristes cherchant à justifier leur raison d’être. Ainsi, le canton Zurich, où un tel avocat pour animaux existe, est-il non seulement champion suisse dans le nombre de cas poursuivis (190), mais également champion dans le nombre des procédures injustifiées et abandonnées. À cela s’ajoutent les frais administratifs, sans parler des contraintes juridiques dans le cadre desquelles chaque dispute de couple ou entre voisins risque d’être déplacée sur le terrain de la cause animale et verra les citoyens invités à se muer en délateurs. Tout l’exercice témoigne d’un manque de confiance dans la nouvelle loi sur la protection des animaux qui est l’une des plus strictes au monde, témoigne d’un manque de confi­ance dans notre système juri­dique et dans la responsabilité individuelle de l’homme. On n’aide finalement pas l’animal, car l’avocat pour animaux n’entre en scène que lorsque la maltraitance de l’animal a déjà eu lieu. La nouvelle loi sur la protection des animaux, qui mise sur la prévention et l’information des propriétaires d’animaux, me semble beaucoup plus prometteuse.     •