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27 novembre 2014
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Horizons et debats  >  2010  >  N°21, 31 mai 2010  >  Pourquoi aller à l'école? [Imprimer]

Pourquoi aller à l’école?

Récemment, avant de commencer la classe le matin, j’ai demandé à mes élèves pourquoi au fond nous nous retrouvions ici chaque jour et quel était le sens de notre travail. Etonnés, les élèves se sont regardés. La réponse semblait pourtant évidente. Ou bien, quelque chose se cachait-il derrière cette question finalement pas si ordinaire?
On devrait peut-être, pensais-je, réfléchir plus souvent et plus à fond aux choses ordinaires, les creuser et se poser les questions en commun. Toujours est-il que les propositions ont fusé: Nous sommes là pour apprendre. A la question de savoir si c’était tout, les élèves ont tout de suite ajouté que la vie en commun était également importante et qu’il fallait apprendre à la gérer. Peu à peu nous avons approfondi la question. Nous sommes dans une école publique et non pas dans une quelconque école privée payée par les parents. Oui, une école populaire, financée, donc rendue possible par la collectivité. Une école où chacun peut et doit apprendre et peut se préparer aux tâches à venir. Une école du peuple soutenue par tous et consacrée à tous et dans laquelle tous doivent suivre, où aucun ne soit perdu, dans laquelle tous sont inclus et à laquelle tous sont associés et où, bien entendu, chacun doit fournir un effort.
Dans la vie plus tard – quand nous serons grands – cela dépendra finalement de chacun, quelle que soit sa place dans la famille, dans la commune, au sein de notre Etat et de la communauté humaine en général.
Ce sont là au fond des idées évidentes qui perdent parfois de leur force si nous ne les intégrons pas dans la vie quotidienne, à l’école, dans la famille et dans la commune. C’est certainement une tâche fondamentale de l’école et du processus d’éducation que d’attacher de l’importance à cette chose indispensable – qui ne nous apparaît la plupart du temps qu’une fois qu’elle nous manque, que nous l’avons ignorée.
Juste un petit exemple qui apparaît surtout au début du printemps, quand la neige a fondu et que l’herbe est encore courte. On découvre alors au bord des prés des boîtes vides et autres déchets, bêtement jetés par des gens qui ne respectent pas la nature et qui ont peut-être pensé que quelqu’un d’autre les ramasserait. On pourrait imaginer d’autres exemples. Le sentiment général: Le principal, c’est que je ne manque de rien, que tout aille bien pour moi. Si ce n’est pas moi qui profite, ce sera un autre, alors plutôt moi.
Il est grand temps que nous autres enseig­nants nous demandions comment il se fait

Roland Güttinger, Schmidrüti (ZH)