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1 septembre 2010
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Horizons et débats  >  2007  >  N°33, 27 août 2007  >  Nourriture OGM pour animaux [Imprimer]

Nourriture OGM pour animaux

par Michael von Lüttwitz

120 secondes ont suffi pour liquider l’idée que les plantes génétiquement modifiées (OGM) ne causent aucun dégât. En 1998, le biologue renommé Arpard Pusztai de l’Institut écossais Rowet, a donné une interview de deux minutes durant laquelle il a mis en garde du risque de la consommation d’aliments génétiquement modifiés.
Lors d’une expérience Arpad Pusztai avait donné des pommes de terre transgéniques à manger à de jeunes rats de laboratoire. Après, les organes des rats se sont rétrécis et leur système immunitaire a été endommagé. Deux jours plus tard, le scientifique renommé a été lincencié. Depuis, l’idée de la libre recherche a été ébranlée durablement. Apparemment, la crédibilité d’une analyse scientifique dépend aujourd’hui plus que jamais de ceux qui la financent. Dans de tels cas, on peut supposer que l’opinion publique n’apprenne que ce qu’elle doit apprendre.
Le Professeur Gilles-Eric Séralini de l’université française de Caen a poursuivi l’expérimentation interrompue abruptement par Arpad Pusztai sous une forme différente. On a donné à des rats du maïs transgénique. L’observation du développement corporel des rats nourris de cette façon a montré un résultat effrayant: après 90 jours, l’hémogramme a montré des changements considérables, le taux de glycémie est monté et les reins se sont rétrécis et étaient atteints d’inflammations.
Un représentant de l’Institut fédéral allemand pour la nourriture et les aliments a désigné ces analyses comme non probantes. Il considère les transformations organiques et métaboliques décrites comme une chose tout à fait normale dont on ne doit pas se soucier. D’autres adeptes de la manipulation génétique minimisent également de façon honteuse de tels dégâts.

Produits phytosanitaires dans les plantes OGM

Le Professeur Gilles-Eric Séralin a élargi ses recherches en mettant des cellules humaines en contact avec l’herbicide Roundup (produit pour extirper les mauvaises herbes). Il faut mentionner à ce propos que bien plus de 90% des plantes génétiquement modifiées (transgéniques) ont été créées pour assimiler des pesticides (produit pour combattre les parasites) sans périr ou sans développer elles-mêmes de nouveaux (propres) pesticides. Le soja transgénique Roundup Ready, qui résiste à l’herbicide Roundup grâce à l’insertion d’un gène, en est un exemple. Lors de son expérience, il s’est avéré que le désherbant Roundup avait des effets toxiques sur le placenta et sur les cellules embryonnaires. Les doses se trouvaient en-dessous de celles utilisées dans l’agriculture. La production d’hormones sexuelles a également été entravée.
Professeur Gilles-Eric Séralini a souligné que les grandes quantités de pesticides dans les plantes OGM sont probablement un risque pour la santé à moyen ou long terme. Dans la faune, les dommages suite à l’amassement de pesticides dans le corps sont durablement prouvés.
Bien que des quantités maximales de pesticides aient été examinées dans les plantes, il se produit chez les plantes OGM de nouvelles voies d’assimilation avec de nouveaux résidus. Selon l’émission télévisée «Praxis», les experts croient que les plantes génétiquement modifiées n’ont pas été suffisamment analysées. Depuis, on sait qu’aux Etats-Unis le soja transgénique Roundup Ready exige l’emploi d’une plus grande quantité de pesticides parce que les mauvaises herbes ont également développé une plus grande résistance contre le désherbant Roundup. Par la suite de plus grandes quantités de résidus de pesticides sont inévitables. Il est probable que pour cette raison les limitations des quantités maximales pour la nourriture humaine et animale seront augmentées; de telles mesures étaient usuelles dans le passé.
Il faut remarquer que le soja transgénique est produit par Monsanto, un géant de semence agissant dans le monde entier. Selon Greenpeace, cette entreprise tire profit non seulement des OGM mais également en grande partie des produits aérosols. Dans un rapport de l’année 2001, que l’on peut lire sur internet sous www.net-link.de/de/gen/Zeitung/2001/011103a.html, il est indiqué que les aliments génétiquement modifiés ont augmenté fortement. Fin 1999, on a prouvé au moyen de valeurs numériques que le nombre des maladies dues à l’alimentation était dix fois plus élevé qu’en 1994.

Il y a toujours des risques

Dans la nourriture pour les poules, on utilise des plantes transgéniques comme le soja et le maïs, dans la région asiatique également le riz. On se sert des poules et des œufs de poules aussi bien que des rats pour faire des tests médicaux, afin de transférer les résultats sur les hommes, les résultats obtenus sur les hommes et les rats sont par conséquent transférables sur les poules.
En ce qui concerne le soja, on a averti en 1999 de la situation très préoccupante pour les hommes. Des problèmes de digestion et une baisse de la vitalité étaient les effets visibles en rapport avec le soja transgénique. On ne connaît pas les risques de la consommation de soja transgénique ou d’autres plantes pour la santé. Actuellement, le manque d’analyses ne suffit pourtant pas pour ne pas employer des plantes génétiquement modifiées. La population mondiale et le bétail servent de cobaye.

Des manipulations incontrôlables

Chaque étudiant en biologie sait qu’une modification de gènes entraîne de nombreux effets secondaires. Les transformations d’un gène ou l’insertion d’un nouveau gène dans le patrimoine génétique d’une plante ne modifie pas seulement un attribut, comme nous le font croire les lois de l’hérédité de Mendel, mais provoque un tas de conséquences. L’intelligence génétique du patrimoine d’origine disparaît apparemment lors de la manipulation. Celle-ci est tout simplement incontrôlable. Lors de l’expérience sur l’alimentation donnée aux rats, réalisée par Arpad Pusztai et mentionnée ci-dessus, il s’agissait d’un simple gène de perce-neige inséré dans le patrimoine génétique d’une pomme de terre. Il devait créer la substance lectine qui rend la pomme de terre plus résistante contre les parasites. En elle-même, la lectine est tout à fait inoffensive. En relation avec la nouvelle plante-hôte, il peut en résulter des rétrécissements d’organes et un affaiblissement du système immunitaire chez les rats. Quant au soja, un gène a été inséré involontairement étant couplé à un gène provoquant des allergies. La consommation du soja a provoqué des allergies chez les personnes sensibles à cet égard. Tout cela montre que personne ne connaît les alternances compliquées lors de la formation de substances et que personne ne peut estimer les risques qui en découlent. C’est seulement maintenant qu’on s’occupe de la question de savoir comment la plante travaille avec les substances, comment celles-ci s’influencent mutuellement et sont influencées par le monde extérieur. C’est ce savoir encore inexistant qui serait cependant une conditio sine qua non pour l’évaluation de la manipulation génétique. Autrement, cette dernière représente un risque inutile. Les employés d’une entreprise manipulant des gènes vivent de véritables échecs parce que l’effet théorique de la manipulation ne se réalise pas dans la pratique (comme pour le coton trangénique). Cela souligne le fait qu’une évaluation de la manipulation est impossible. Depuis que l’on sait qu’une seule et même tranche de gène codifie dans le patrimoine génétique différents amino-acides pour réaliser l’assimilation dans le métabolisme, on sait également que la manipulation génétique est un jeu avec le feu.

Les plantes OGM dans le domaine du bétail

En Argentine, plus de 99% du soja cultivé est transgénique. Ainsi, l’Argentine prend la deuxième place après les USA sur la liste des pays producteurs de soja transgénique. L’élargissement de la culture du soja est forcée par l’industrie du bétail car plus de 80% de la récolte de soja est destinée à la nourriture animale. 50% du soja donné dans l’UE comme nourriture pour les animaux provient selon Greenpeace d’Argentine. Le magazine Kosmos mentionne dans son numéro 2/2005, que 80% de toutes les plantes transgéniques sont utilisées pour alimenter les bêtes. Des maladies inconnues qui apparaissent chez le bétail mais aussi chez les animaux domestiques peuvent provenir des substances adjointes et des autres substances non naturelles se trouvant dans la nourriture préfabriquée pour animaux, mais peuvent être également dues à l’alimentation génétiquement modifiée.

Où se cache la technique OGM?

Depuis 2004, la nourriture destinée aux animaux contenant des organismes génétiquement modifiés (OGM) doit être déclarée dans l’UE exactement comme les aliments (mais l’obligation de déclaration disparaît même sur les aliments, lorsque le produit contient moins de 0,9% de plantes transgéniques). Quand un producteur de nourriture pour animaux indique l’alimentation génétiquement modifiée, l’éleveur de volailles doit bien réfléchir s’il peut assumer la responsabilité de donner par exemple des rognures de soja transgénique à ses poules. Finalement, il peut se nuire lui-même en consommant de la volaille et des œufs. Si les producteurs de nourriture pour animaux génétiquement non modifiée font de meilleures affaires que les entreprises qui utilisent de la nourriture OGM, c’est une raison pour revenir à une alimentation qui n’est pas génétiquement modifiée. Dans le commerce de la nourriture biologique pour animaux, on trouve des rognures de soja non transgénétique. Celui qui achète des œufs, de la viande ou du lait dans le commerce alimentaire, cherchera en vain une indication sur la nourriture OGM pour les animaux.
Ces aliments et d’autres comme le jogourt ou le fromage blanc sont exclus de l’obligation de déclaration. Comme la plupart des plantes OGM sont destinées à nourrir le bétail, il y a grande chance que l’on assimile par le biais de la viande, du lait, des œufs et d’autres aliments semblables de la nourriture OGM. Les associations pour l’environnement exigent qu’une déclaration soit également rendue obligatoire pour ces produits. Il est toutefois autorisé aux producteurs d’œufs, de lait ou de viande d’indiquer que les animaux producteurs ont été nourris sans OGM. Les laiteries allemandes Andechser ou Upländer obligent selon le magazine Kosmos leurs livreurs à renoncer aux plantes OGM. Dans la commercialisation des œufs, l’éleveur de volaille de race a grande chance de fournir des œufs de vraie qualité s’il donne à ses bêtes une nourriture conventionnelle. Ce qui est sûr, c’est que les risques de l’alimentation génétiquement modifiée n’ont pas été suffisamment analysés. Les dégâts graves dus à la nourriture OGM qui sont déjà connus sont pour beaucoup de gens une raison suffisante de renoncer à la nourriture transgénique pour animaux.   •


Source: Tierwelt, n° 32 du 10/8/07
(Traduction Horizons et débats)

Analyser le risque sur la santé de l’alimentation OGM grâce à la carte fidélité

mae. Dans de nombreux pays, l’alimentation humaine et animale génétiquement modifiée est autorisée. Cependant, il n’existe presque pas d’analyses indépendantes et scientifiques solides ayant vérifié si cette nourriture humaine et animale était sans risque pour l’être humain. Jusqu’à aujourd’hui, c’est l’affaire de chaque entreprise de tester elle-même ses produits ou de les laisser tester par des laboratoires de son choix. Les résultats de ces tests (ou seulement une partie de ceux-là) sont ensuite joints à la demande d’autorisation auprès de l’institution compétente. Il n’existe pas de standards officiels au niveau mondial (par exemple à propos de la durée des essais pendant lesquels les animaux cobaye doivent être nourris de cette façon) qui sont à respecter obligatoirement afin d’obtenir une autorisation. Les institutions octroyant les autorisations ne recourent pas non plus à des analyses propres indépendantes, elles se fient donc aux résultats du producteur. Cela signifie que chaque nouveau médicament ou chaque nouveau pesticide a été analysé de manière plus approfondie et consciencieuse et testé sur des animaux cobaye qu’un aliment OGM qui est destiné à une consommation quotidienne pendant des années.
Si aux USA l’institution compétente (FDA) admettait qu’un produit génétiquement manipulé pouvait être cultivé et consommé, cette décision est souvent reprise également par les institutions européennes et suisses analogues. Si un pays refuse l’autorisation ou l’importation, il est jugé par la commission de l’OMC à cause d’une soi-disant restriction de concurrence (par exemple, le jugement de l’OMC de mai 2006 contre le moratoire sur l’agrément des produits OGM de l’UE entre 1998 et 2004).  
On pourrait en conclure, que les autorités respectivement les politiciens responsables renoncent à tester scientifiquement les effets de la nourriture OGM sur la santé humaine pour la bonne raison qu’ils considèrent qu’elle n’est pas nuisible. Pourtant, il n’en est pas ainsi! Dans l’ouvrage de Jeffrey M. Smith dont le titre pertinent «Semences de tromperie. Dénoncer les mensonges de l’industrie agrochimique et des autorités sur la sécurité des aliments», sont décrites les méthodes et les moyens que le gouvernement anglais tenta d’employer pour constater comment ses citoyens réagissaient au niveau de leur santé aux aliments OGM autorisés par lui-même (le maïs, le soja et les tomates): «malgré l’affirmation [du gouvernement anglais], que la nourriture génétiquement modifiée est obsolument inoffensive, des informations ont par exemple filtré d’un rapport au début de l’année [1998], qui montraient que celui-ci n’était plus tout à fait sûr de cela. Le Advisory Committee on Novel Foods and Processes (Comité consultatif pour les aliments nouveaux et transformés – ACNPF) avait parlé en secret avec des employés de supermarchés de haut rang qui avaient accès aux statistiques concernant les achats de près de 30 millions de consommateurs grâce aux cartes de fidélité des magasins concernés. Le comité voulait comparer les statistiques concernant les achats avec les données sur la santé des clients, pour dépister si les personnes qui mangeaient de la nourriture OGM était plus souvent malades. L’étude concentrait son attention sur une augmentation éventuelle des allergies pendant l’enfance, des cancers, des lésions congénitales et des séjours hôspitaliers.» (p. 46)
Le gouvernement a dû prendre ses distances de cette méthode parce que ce programme de surveillance illégal a été dévoilé. L’exemple montre clairement que l’on sait déjà depuis presque 10 ans que l’alimentation OGM représente un risque pour la santé de la population.
Des expériences appronfondies et scientifiques sur les effets des OGM sur l’être humain et son environnement sont nécessaires avant que nous les cultivions ou les consommions – en fait, une revendication allant de soi. C’est pour cela que nous finançons avec les impôts nos autorités et nos ministres de la santé et non pas pour des essais humains involontaires dont le but est d’augmenter le profit des grands groupes pharmaceutiques et agrochimiques.