| Horizons et débats > 2008 > N°5, 4 fevrier 2008 > En Afghanistan, l’Amérique sème une mort perpétuelle | [Imprimer] |
En Afghanistan, l’Amérique sème une mort perpétuellepar Mohammed Daud Miraki, MA, phD (décembre 2002)«S’ils nous avaient tués une seule fois, ce ne serait pas si terrible, mais ce que les Américains nous ont apporté nous prive et prive également les générations futures du droit qui nous a été accordé par Dieu, le droit à la vie. Ils tuent aussi les générations futures.» (déclaration d’une victime afghane des bombardements anglo-américains) En Afghanistan, les anciens avaient l’habitude de citer une maxime: «Nous sommes faits pour la mort et la mort est faite pour nous» pour montrer que l’on est exposé à la mort tôt ou tard. Cependant, lorsque ce phénomène cesse d’être naturel, il devient, entre les mains de l’homme, un instrument de privation de la vie. La vie de millions d’Afghans a pris un brusque tournant lorsque les armées anglo-américaines se sont mises à utiliser des armes à l’uranium appauvri. Cette violence d’une ampleur considérable a transformé le processus naturel allant de la naissance à la mort en un processus terrifiant de mort perpétuelle à laquelle on ne peut échapper. Les mines antipersonnel sèment la mortLa mort perpétuelle est caractérisée par l’assassinat continuel des membres d’une communauté, d’un Etat ou d’une nation. Elle prend des formes diverses. Elle peut consister traditionnellement à imposer la mort et la destruction à un peuple. Les Russes ont institutionnalisé cette horreur en Afghanistan lors de l’invasion du pays en 1979 et semé la mort perpétuelle en disséminant des mines antipersonnel dans tout le pays. Les Etats-Unis partagent cette responsabilité car ils ont abandonné les Afghans à la mort et au désespoir, refusant de les aider à détruire les millions de mines laissées par les Soviétiques après leur retrait. Elles ont mutilé et tué quotidiennement des Afghans depuis le début des années 1980. Les armes à l’uranium, c’est la mort des générations futuresMais la forme que la mort prend actuellement consiste dans l’usage d’armes qui frappent sans distinctions, d’armes de destruction massive, c’est-à-dire d’armes à l’uranium appauvri. On peut à juste titre parler à leur sujet de mort perpétuelle car elles ne cessent de causer des milliers de morts en silence et sans distinctions. Ces armes modifient la structure de l’écosystème dans lequel vivent les victimes. Elles condamnent finalement à mort les populations qui y vivent ainsi que les générations futures. Elles les privent de leur droit fondamental à la vie. Fortes concentrations d’uraniumCela ressort du récent rapport de l’Uranium Medical Research Center (UMRC) qui atteste la présence d’un mystérieux métal dans des échantillons de sol et des échantillons d’urine des victimes. Les recherches effectuées par deux équipes de spécialistes, l’une à Jalalabad et l’autre à Kaboul. Grâce aux données rassemblées, elles ont prouvé l’usage d’armes à l’uranium dans ces deux villes. Elles ont découvert dans la population des symptômes de maladies associées à l’exposition à l’uranium appauvri (UA) comme en Irak et dans les Balkans. Cela a amené les chercheurs a étudier aux Etats-Unis les échantillons de sol relevés sur les sites bombardés. Ils ont également été surpris de trouver de fortes concentrations d’uranium dans l’urine d’habitants de Jalalabad. Elles étaient 4 à 20 fois plus élevées que les valeurs normales, niveaux jamais enregistrés dans la population civile. Soit dit en passant, l’uranium dans l’urine d’habitants de Jalalabad s’est révélé plus puissant que l’uranium appauvri. Voici ce que dit le rapport à propos de l’effet des armes à l’uranium: Ils savent bien ce qu’ils font …«Duracovic et son équipe ont cherché à savoir s’il y avait d’autres causes telles que des sources géologiques ou industrielles ou des réserves d’uranium détenues par Al-Qaïda mais l’uranium trouvé dans les urines n’est pas compatible avec l’hypothèse, avancée par les USA, de «bombes sales» (qui contiendraient du matériel radioactif) et il est différent de l’UA ou de la poussière d’uranium enrichi découverte en Irak et au Kosovo.» En Irak, il a fallu attendre jusqu’à 5 ans pour observer des effets importants de l’exposition à l’UA alors qu’en Afghanistan les chercheurs de l’UMRC supposent après un an que 25% des nouveau-nés manifestent des symptômes d’exposition aux armes à l’uranium. Ce dernier fait renforce l’hypothèse de l’UMRC selon laquelle les Américains et les Britanniques utilisent du minerai d’uranium dans leurs armes afin d’en augmenter le pouvoir destructeur. L’utilisation de ce minerai fait qu’il est difficile d’attribuer la contamination due à ces armes aux Américains et aux Britanniques et peut faire penser que l’uranium provient de gisements locaux. Le rapport conclut: «Toutefois, des différences importantes entre l’uranium naturel et l’uranium contenu dans les fragments métalliques trouvés en Afghanistan ont été décelées grâce au microscope à électrons qui a révélé la présence de petites particules céramiques dues aux températures élevées produites par l’impact. Cette façon de masquer la présence d’uranium profite aux gouvernements qui subissent des pressions de la part du lobby opposé à l’uranium appauvri qui prend de l’ampleur.» C’est vrai: ces bombardements dégagent des radiations cancérogènesLes effets destructeurs des armes à l’uranium sont apparus au début des bombardements en Afghanistan lorsque l’agence Reuters a fait savoir que des personnes mouraient à la suite de blessures bénignes. Le ministre de la Santé Mullah Abbas a déclaré ceci: «Nos découvertes prouvent que c’est vrai. Ces bombardements dégagent un rayonnement radioactif et des substances chimiques qui causent des cancers.» (Reuters, 29 octobre 2001) La mort des hommes, des animaux …Sur le front au nord de Kaboul où les forces talibanes étaient pilonnées jour et nuit, de nombreux soldats talibans morts n’avaient pas de blessures apparentes mais on voyait le sang couler de leur bouche, signe d’hémorragies internes compatibles avec l’utilisation d’armes à l’uranium et d’armes chimiques. En outre, ces soldats présentaient une importante coloration orange de la peau sans que celle-ci ait été brûlée et d’autres tenaient entre leurs mains leur fusil qui avait fondu. Cela a éveillé chez les talibans, notamment, le soupçon que les armes utilisées par les Américains et les Britanniques n’étaient pas des armes classiques. De nombreux soldats talibans qui avaient survécu aux bombardements dans le Nord sont morts après leur retour dans leurs villages du sud et du sud-est du pays. A leur mort, on n’a pas constaté de blessures mais ils ont succombé à des hémorragies internes et à d’autres symptômes bizarres comme des vomissements incontrôlés, des diarrhées et la présence de sang dans les urines et dans les selles. Leurs familles étaient ne comprenaient pas ce qui se passait. …, la contamination éternelle de l’environnement …Ces différents témoignages sur les bombardements américains et britanniques prouvent que des armes de destruction massive ont été utilisées. Pendant les bombardements ininterrompus, le ministre taliban de la Santé Mullah Mohammad Abbas a exprimé ses doutes sur l’utilité des armes à l’UA employées par les Américains en Afghanistan. Il craignait une contamination à long terme de zones importantes de son pays. Il était conscient de l’indifférence des Américains à l’égard de la santé des habitants d’autres régions et a déclaré: «Ils ont utilisé des armes à l’uranium au Kosovo et nous craignons qu’ils ne le fassent également en Afghanistan». …, et le vent sème la mort«Le mystérieux métal constitue 50 à 75% du poids de la bombe, jusqu’à 1,5 tonne pour la GBU-37. S’il s’agit d’UA, les zones cibles seront 50 à 100 fois plus contaminées qu’avec les obus antichars de la taille d’un crayon (30 mm) et pesant 0,27 kilos utilisés dans la guerre des Balkans et plus proches des munitions à l’UA utilisées lors de la guerre du Golfe. On sait que l’oxyde d’UA se répand jusqu’à 25 miles sous le vent si bien que de vastes zones peuvent être affectées par chaque bombe.» Quand l’eau est source de mortDans leurs tentatives de faire sortir les talibans et les combattants d’Al-Qaïda de leurs tanières, les Américains ont bombardé les galeries et les grottes que les villageois utilisaient pour leur approvisionnement en eau. Cela a non seulement aggravé la situation due à la sécheresse et à la pénurie d’eau mais également détruit définitivement l’environnement dans des zones de l’est, du sud-est et du sud-ouest du pays, créant une source perpétuelle de maladies et de mort pour les personnes qui y vivent. Selon l’article de Fred Parceis intitulé Dying of Thirst publié dans le New Scientist du 17 novembre 2001, les Américains ont bombardé le barrage de Kajaki qui irrigue des terres du sud-ouest de l’Afghanistan qui font vivre plus d’un million d’habitants. Il écrit ceci: «L’Afghanistan, où sévit depuis trois ans une sécheresse sans précédent, dépend de systèmes d’approvisionnement en eau anciens et modernes. Dépendant aussi du barrage de Kajaki, le sud du pays est truffé de centaines de galeries d’approvisionnement en eau, souvent creusées sur des dizaines de kilomètres dans les montagnes pour capter les réserves d’eau en profondeur. Ces galeries, appelées karez en pachtoune, sont maintenant la cible des bombardiers américains. Des stratèges militaires prétendent que Ben Laden et des troupes talibanes pourraient se cacher dans ces galeries dont certaines sont suffisamment vastes pour abriter des compagnies de soldats. Ils affirment que les karez ont constitué pour les moudjahidin des cachettes impénétrables lors de leur guérilla contre l’occupant soviétique dans les années 1980.» Ainsi, le système traditionnel de galeries d’adduction d’eau dont dépendent des milliers d’Afghans est source de mort perpétuelle pour les habitants vivant dans les parages. Source: www.rense.com/general35/perp.htm On trouve partout |
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