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La Suisse devrait reprendre ses efforts en faveur d’une interdiction des armes à l’uranium en vertu du droit international

ws. En Belgique, un projet de loi a été accepté le 7 mars 2007 par un vote de la commission de la Défense qui mènerait à une large condamnation des munitions à l’uranium au cas où le parlement l’accepterait.

Une fois de plus, la politique belge a montré clairement que la Belgique ne veut pas participer à la continuation et au développement des armes dont l’emploi affecte inévitablement de manière imprévisible la population civile.

Déjà à l’occasion de la condamnation des armes à sous-munition qui a avancé d’un grand pas lors de la conférence internationale d’Oslo de fin février, la Belgique avait joué le rôle de précurseur en interdisant la production, le stockage, l’emploi et le trafic de bombes à sous-munitions en février 2006.

La Suisse en tant qu’Etat neutre avec sa longue tradition humanitaire pourrait aussi s’investir de nouveau dans ces efforts en faveur de la paix. En janvier 2001 déjà, quand les effets nocifs des munitions à l’uranium étaient largement discutés dans ce pays, le président de la Confédération Leuenberger avait annoncé une initiative suisse qui condamnerait les armes à l’uranium. Le 18 janvier, à Genève, il a laissé entrevoir qu’une délégation suisse ferait une demande en vue d’une condamnation dans le cadre de la Convention de l’ONU sur certaines armes conventionnelles ayant des effets inutiles et inhumains (Convention on Certain Conventional Weapons).

Le président de la Confédération Leuenberger a mis l’accent sur le principe de précaution pour faire avancer l’interdiction des munitions à l’uranium malgré les affirmations au cours du débat selon lesquelles des preuves scientifiques sur la nocivité de la munition à l’uranium manquaient. «Tant que la possibilité des effets négatifs existe, un tel pas s’impose pour des raisons éthiques.» (Neue Zürcher Zeitung du 19 janvier 2001)

En juin 2001, le Conseil fédéral s’est distancié de ce projet sous prétexte du manque de preuves scientifiques de la nocivité. Maintenant, les événements politiques de l’année 2001 – surtout la pression de la part de l’OTAN et des Etats-Unis – sont dévoilé et laissent apparaître les vraies raisons du retrait de ce projet.

De plus, les preuves scientifiques sur les dégâts causés par les munitions à l’uranium ainsi que les rapports des régions concernées sont aujourd’hui connus et ils témoignent des conséquences terribles. En outre, il y a déjà des projets de traités sur le plan du droit international soigneusement élaborés visant à une convention interdisant les armes à l’uranium.

Avec la bonne volonté politique, la Suisse pourrait soutenir – grâce à ses possibilités politiques et diplomatiques – la requête de la International Coalition to Ban Uranium Weapons (ICBUW). Cela serait une bénédiction pour l’humanité.         

 

 

(Horizons et débats, 2 avril 2007, 7e année, N°12)

mise à jour  le 03/04/07