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COURRIER DES LECTEURS

Femmes: la corde pour se pendre

L’éviction de Mme Metzler du Conseil fédéral à la veille d’une année présidentielle a été ressentie comme terriblement cruelle sur le plan humain. L’élégance et la maîtrise dont a fait preuve la Conseillère fédérale devant ce coup du sort méritent bien l’hommage que lui ont rendu le Parlement et la presse.

Mais au-delà de cet aspect émotionnel fort, il vaut la peine de s’arrêter un instant sur le pathos féministe qui a suivi l’événement. «Un jour noir pour les femmes» titraient certains journaux. Personnellement, je dis «Non». Il s’agit d’analyser les choses froidement.

Si les deux sièges PDC avaient encore été occupés par deux hommes, c’est un homme qui aurait été écarté. La bataille aurait-elle été plus rude? Plus longue? Le résultat était néanmoins acquis d’avance: un seul siège PDC, malgré les apparentes valses hésitations des partis.

En ce qui concerne la double candidature radicale pour succéder à M. Villiger, on ne peut s’empêcher de penser que la candidate écartée a notamment fait les frais de la sottise féministo-socialiste à l’occasion du départ de Mme Dreifuss. Quand on crie haut et fort que seule une femme peut succéder à une femme, on s’expose au risque que d’autres considèrent que seul un homme peut succéder à un homme. Quand donc les féministes fondamentalistes cesseront-ils de nuire aux femmes en les privant de la liberté d’être des candidates à part entière?

Suzette Sandoz, ancienne conseillère nationale, Pully VD

(Horizons et débats, numéro 24, février 2004)

mise à jour  le 08.02.04