accès direct aux numéros

Journal favorisant la pensée indépendante,
l'éthique et la responsabilité

 

CICR: Cinq ambulances de la Croix-Rouge libanaise bombardées

Les violents bombardements se sont poursuivis dans le sud du pays ces trois derniers jours. Le personnel médical de la Croix-Rouge libanaise continue d’évacuer les blessés et les malades dans des conditions très difficiles et dangereuses. La Société nationale fait état de cinq incidents de sécurité touchant des ambulances, faits qui mettent en évidence l’obligation d’épargner les personnes participant aux activités médicales.

Le plus récent de ces incidents est survenu le 23 juillet, à 23h 15, à Cana, un village situé dans le Sud-Liban. Selon la Croix-Rouge libanaise, deux de ses ambulances ont été touchées alors qu’elles arboraient clairement l’emblème de la croix rouge et étaient signalées par un feu à éclats visible de très loin. Cet incident s’est produit pendant que des secouristes transféraient des patients blessés d’une ambulance dans une autre. Neuf personnes, dont six volontaires de la Croix-Rouge, ont été blessées. «Le CICR est gravement préoccupé par la sécurité du personnel médical, a déclaré Balthasar Staehelin, délégué général du CICR pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord. Nous avons soulevé le problème avec les autorités israéliennes et leur avons demandé instamment de prendre les mesures nécessaires pour éviter que ce genre d’incidents se reproduise.»

Entre autres incidents de ce type, le 19 juillet, le poste de premiers secours de la Société nationale à Insarieh a été endommagé, de même que deux ambulances. Un secouriste a été légèrement blessé. Le 18 juillet, une ambulance a été directement visée lors d’une mission de premiers secours et d’évacuation.

La Croix-Rouge libanaise poursuit sans relâche ses activités depuis le début de la crise et répond aux besoins les plus urgents de la population civile avec ses 2400 volontaires, ses 42 postes d’ambulances et plus de 50 dispensaires et autres structures médicales dispersés dans tout le pays. Elle demeure une des rares organisations capables d’évacuer blessés et civils sous les bombardements. Elle travaille en pleine coopération avec le CICR.

Les stocks de vivres, de médicaments et de matériel médical s’épuiseraient, et l’eau viendrait à manquer dans plusieurs villages du sud du pays.

Les stocks de vivres dans de nombreuses parties du Liban s’épuisent progressivement. Plusieurs villages du Sud-Liban subissent déjà des pénuries d’eau faute d’électricité et de carburant. Dans certaines régions, on craint de manquer bientôt de médicaments et de matériel médical dans les structures de santé.

Dans le district de Tyr, environ 110 000 personnes (20 000 familles), déplacés internes ou habitants, risquent d’être bientôt à court d’eau et de nourriture. Dans de nombreux villages du sud du pays, des corps restent ensevelis sous les décombres.

Dans la ville de Tyr, le nombre de déplacés varie considérablement à mesure que les gens fuient vers le nord. Ils reçoivent une aide limitée de la part de la municipalité de Tyr et d’autres organisations. Cependant, des pénuries d’eau ont été signalées et les conditions d’hygiène sont insuffisantes. Les principaux hôpitaux de la ville fonctionnent néanmoins de manière satisfaisante et ont pour le moment assez de médicaments.

En dehors des soins d’urgence aux blessés, l’accès aux services médicaux dans le sud du pays a été considérablement restreint.                                                  

 

Liban-Bulletin 2006/03, CICR News du 24/7/06

 

«La guerre entre Israël et le Liban en est à sa troisième semaine. Selon le droit international humanitaire, nous sommes en présence d’un conflit armé entre deux Etats, Israël et le Liban. En effet, il suffit pour cela du déploiement de forces israéliennes en territoire libanais sans l’accord du gouvernement libanais et du blocus aérien et maritime. En réalité, cependant, les combats ont lieu entre Israël et le Hezbollah, mais les règles du droit des traités et celles du droit coutumier s’appliquent également dans ce cas.»

Jakob Kellenberger; president du CICR, d‘après «NZZ am Sonntag» du 30/7/06

 

 

(Horizons et débats, numéro 38, août 2006)

mise à jour  le 18.08.06