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Horizons et debats  >  archives  >  2012  >  N°11, 19 mars 2012  >  L’énergie nucléaire sans radioactivité n’est pas un rêve [Imprimer]

L’énergie nucléaire sans radioactivité n’est pas un rêve

De l'uranium au combustible nucléaire lithium: présentation de la brochure de H. W. Gabriel

bha. Il y a une année, le Japon a été frappé par une catastrophe nucléaire d’une ampleur considérable. L’incertitude de la population concernant les rejets radioactifs perdure. Dans notre pays, le débat politique sur l’abandon du nucléaire nous empêche de voir le problème central auquel est confrontée l’humanité à l’ère nucléaire:
Depuis que l’on désintègre l’uranium, la production et le rejet de grandes quantités de radioactivité représentent une source de graves dommages pour les hommes, les animaux et l’environnement.
La tragédie de Fukushima dont on ne peut aucunement minimiser la gravité, la tragédie de l’explosion du réacteur de Tchernobyl en Ukraine et d’autres catastrophes nucléaires dont on minimise depuis longtemps les conséquences sont dues essentiellement à la quantité de radioactivité rejetée. Les dommages économiques pour l’Etat et la société compromettent également l’existence même de la population en réduisant les superficies cultivables.
Alors que l’OMS et l’AIEA s’obstinent à dissimuler les véritables statistiques sur les conséquences sanitaires de la catastrophe de Tchernobyl, des données médicales variées prouvent de manière irréfutable qu’une fois le rayonnement ionisant libéré, il a un effet somatique et génétique sur les cellules humaines. Le débat concernant les énergies renouvelables fait des vagues, ce qui est normal, car l’être humain doit apprendre à ménager ses ressources naturelles.
Avec sa brochure «L’énergie nucléaire sans radioactivité n’est pas un rêve», l’ingénieur Heinz Werner Gabriel apporte une réelle contribution de politique sanitaire et énergétique au débat sur l’arrêt des centrales nucléaires obsolètes. Son message principal est qu’un pays peut produire suffisamment d’énergie si l’on change le paradigme à la base de la technique nucléaire selon lequel la fission nucléaire et la production d’énergie n’est possible que grâce à l’uranium. En prenant connaissance de cette brochure, le lecteur découvrira un monde nouveau – et le débat sur l’abandon de l’énergie nucléaire acquerra une importante dimension constructive.
Voici un aperçu de la brochure.

Avant-propos

Ce qui m’a incité à reprendre la question de «l’énergie nucléaire sans radioactivité» remonte à 2001. A proximité de plusieurs installations nucléaires, on a constaté la présence de radioactivité liée aux particules et, d’après des documents de 1986/87 celle de béryllium 7. Ce type de radioactivité laisse clairement supposer l’utilisation de lithium.
La connaissance de la fission du lithium et du dégagement d’énergie qu’elle permet a progressé au cours des dernières décennies, de même que l’idée qu’on pouvait éventuellement produire de l’énergie nucléaire sans radioactivité.
Dans l’espoir d’avoir pu, avec cette étude, contribuer à rendre l’avenir moins menaçant, je dédie cette brochure à mes enfants et petits-enfants Ines et Andreas, Anna-Lina et Aurelia.
H.W. Gabriel, 20/1/12

Résumé

Quand on demande aux citoyens pourquoi ils sont contre l’utilisation de l’énergie nucléaire, on obtient généralement la réponse suivante: les risques dus à la radioactivité et aux déchets radioactifs ne sont pas tolérables.
Quand on demande aux scientifiques si l’on peut construire des centrales nucléaires qui ne produisent pas de radioactivité, on obtient quasiment toujours la réponse «non».
Or cette réponse ne correspond pas à l’état actuel de la science. Si, à la place du combustible nucléaire utilisé jusqu’ici, c’est-à-dire l’uranium, on recourt au lithium, qui est inactif, sa fission produit de l’énergie sans radioactivité. On comprend le processus quand on considère la désintégration du lithium-6 par le deutérium. Il en résulte tout d’abord un atome constitué de 4 protons et de 4 neutrons qui se décompose en deux atomes d’hélium inactifs semblables.
En revanche, la fission de l’uranium, composé de 92 protons et de 143 neutrons, produit plusieurs centaines de fragments radioactifs.
L’absence de radioactivité élimine le risque d’accident et la nécessité du stockage définitif des déchets hautement radioactifs. Cela rend l’énergie nucléaire acceptable socialement et économiquement exploitable.
On connaît la fission du lithium depuis 1932 et celle de l’uranium depuis 1938. Des documents et des brevets sur l’utilisation du lithium dans les réacteurs existent depuis respectivement 1955 et 1975.
On dispose de peu d’informations sur les projets de construction de petits réacteurs au lithium. Jusqu’ici, on a utilisé des réacteurs hybrides comme source de neutrons pour fabriquer des matières fissiles.
Deux projets de centrale produisant de l’électricité à 5 centimes le kWh ont été annoncés pour 2008. On peut estimer à 5 ans la durée de la construction car nous disposons d’une expérience pratique approfondie des réacteurs hybrides.
Il est facile de savoir pourquoi on a préféré l’uranium comme matière fissile: Contrairement au lithium, qui n’a pas de réaction en chaîne, l’uranium permet de fabriquer des armes.
Si l’on considère les réserves de lithium disponibles dans le monde, on pourrait couvrir les besoins en énergie primaire du monde pendant 800 ans sans produire de radioactivité.
Si l’on accepte une radioactivité de courte durée (demi-vie inférieure à 12 ans), on peut couvrir les besoins au moins pendant 2400 ans.
La fission du lithium représente maintenant déjà une alternative à la fusion nucléaire civile non encore disponible.
Aux dernières nouvelles (avant les accidents de Fukushima), on devrait, dans
les réacteurs compacts annoncés pour 2008, utiliser de nouveau de l’uranium ou du
plutonium plutôt que du deutéride de lithium.
Or qui pourrait trouver à redire à l’utilisation du lithium comme source d’énergie non radioactive à long terme?
Fukushima a montré avec évidence la nécessité de recourir à des systèmes énergétiques non radioactifs ou à radioactivité fortement réduite: les propriétaires et les exploitants des centrales nucléaires ne peuvent pas assumer le coût des dégâts matériels et l’Etat doit intervenir.
Conclusion: Il est impossible, aujourd’hui, d’exploiter dans le cadre de l’économie privée l’énergie nucléaire avec le volume de radioactivité qu’elle produit.

Chapitre 1: La sortie du nucléaire, une comédie politique

Les dernières explosions et fusions du cœur d’un réacteur nucléaire ont eu lieu à Fukushima en mars 2011. Certains pays veulent sortir du nucléaire tandis que d’autres tiennent à conserver leurs réacteurs.
Ces deux attitudes sont sans doute caractérisées par l’opportunisme politique, l’incompétence et l’absence de responsabilité.
En raison du conflit non résolu entre la sécurité et l’économie, on se livre maintenant à des galipettes au détriment des citoyens.
On peut qualifier d’incompétents ceux qui réduisent l’utilisation de l’énergie nucléaire à l’activité des types de centrales de 1955 dont la conception est dépassée.
Fallait-il interdire toute conduite automobile parce que les voitures du type «Coccinelle» provoquaient fréquemment des accidents à la suite de l’explosion du réservoir situé à l’avant du véhicule?
Présenter hier une centrale nucléaire de 40 milliards comme sûre et reconnaître aujourd’hui qu’elle n’est pas sûre relève de l’incompétence.
Sont irresponsables ceux qui, après plus de 7 fusions du cœur d’un réacteur depuis 1960 (dans des réacteurs analogues au point de vue physique), n’ont pas cherché un produit fondamentalement nouveau. Au lieu de cela, on a déguisé en agneaux des loups (capables, en cas d’accident, de détruire toute une métropole) et, après des tests de résistance, on a déclaré que les agneaux étaient «robustes».
La législation sur la «sortie-rentrée-sortie» du nucléaire en Allemagne n’a pas été un exploit dû à la compétence en matière de politique énergétique.
Dans ce qui suit, nous abordons la question des moments décisifs de l’évolution de l’énergie nucléaire qui ont finalement conduit à la technologie actuelle et à ses problèmes.
Il faut lutter contre la perte de crédibilité des acteurs politiques, économiques et scientifiques afin d’évaluer objectivement les chances d’une utilisation de l’énergie nucléaire sans radioactivité et permettre sa réalisation.
Ces chances ne relèvent pas du rêve mais de faits scientifiquement prouvés.
Les accidents dus à la radioactivité et la nécessité de stockage des déchets radioactifs pendant des millénaires n’existeraient plus.
Dans certains pays, par exemple en Suisse, on a fait un pas vers l’objectivité et on a mis en discussion des critères de sécurité pour la construction de nouvelles centrales, critères sévères et apparemment irréalisables:
a)    Une fuite de radioactivité dans l’environnement doit être exclue;
b)    On ne doit pas exclure d’importants dégagements de radioactivité selon les principes de probabilité des jeux de hasard;
c)    La durée de radiation des déchets radioactifs devrait être de l’ordre d’une génération.
Or l’utilisation de combustibles au lithium et au deutérium répond à ces critères.
Le fait de négliger des perspectives aussi décisives provient d’une formation étroite en physique nucléaire qui fait que les scientifiques fondent leur enseignement sur des produits industriels existants.
Les moyens les plus sûrs d’utiliser l’énergie nucléaire civile ne devaient être ni évoqués ni appliqués.
On ne souhaitait pas rendre objective la notion de «sécurité» au moyen de critères.
Pendant des décennies, on n’a pas voulu qu’un «nouvel état de la science et de la technologie» puisse nuire à la commercialisation d’installations standards.
Le contrôle de la prolifération des armes nucléaires est instrumentalisé par des pays dominants afin d’empêcher que la concurrence économique ne développe l’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire.    •

(Traduction Horizons et débats)

A propos de l’auteur
Heinz Werner Gabriel est ingénieur en physique technique. Il a travaillé à la planification, à la construction et à l’exploitation de 5 centrales nucléaires et a dirigé des projets sur l’amélioration de la sécurité des réacteurs et des installations de retraitement du combustible nucléaire. Au sein de l’état-major scientifique du Bundestag, il a participé à la conception de la politique de l’énergie nucléaire. Pendant des années, il a apporté son soutien à la justice en tant qu’expert en matière de violation de la Loi sur l’énergie nucléaire et de la Loi sur le contrôle des armes de guerre. A l’aide de méthodes d’analyse spéciales, il a découvert l’origine de matières fissiles de contrebande de même que le moment et les causes d’accidents dans plusieurs installations nucléaires qui avaient été dissimulés.
Courriel: li-energy.info@arcor.de

Contenu de la brochure

Préface
Résumé (en allemand, anglais et français)
1.    La sortie du nucléaire: une comédie politique
2.    Objections à l’énergie nucléaire
3.    Fréquence des accidents dus à la fusion du cœur d’un réacteur et quantité de radioactivité libérée
4.    La fission de l’uranium est préférée car elle se prête très bien à la fabrication d’armes
5.    Les réacteurs de sous-marins, fondement des centrales nucléaires actuelles
6.    Manque d’intérêt pour les centrales nucléaires produisant peu de radioactivité
7.    L’énergie nucléaire sous forme de fusion nucléaire
8.    Passage au combustible nucléaire lithium
9.    Contribution du lithium à l’approvisionnement en énergie à long terme
10.    Coûts du lithium et du deutérium
11.    Installations destinées à la fission du lithium
12.    Maturité de la technologie de la fission du lithium
13.    Les centrales nucléaires encouragent-elles la prolifération des armes nucléaires?
14.    Bibliographie
A propos de l’auteur
(Traduction Horizons et débats)

+    L’existence d’une source d’énergie présente dans de vastes régions du globe et disponible pendant longtemps ne favorise-t-elle pas la paix mondiale?
+    Une énergie produite sans émissions de CO2 ne protège-t-elle pas le climat?
+    Une source d’énergie abondante pouvant être utilisée de manière centralisée et décentralisée n’augmente-t-elle pas la liberté d’action des citoyens?
+    N’évite-t-on pas les risques liés à la radioactivité – pertes en vies humaines et en terres exploitables – quand on dispose de suffisamment d’énergie dégageant peu de radio-activité?
+    Ne peut-on pas renoncer à des stockages de déchets radioactifs millénaires en ayant recours au lithium plutôt qu’à l’uranium comme combustible?

On peut se procurer la brochure,
uniquement en allemand, auprès de:
Genossenschaft Zeit-Fragen,
Case postale, CH-8044 Zürich
ou de:
Sarkis/A. Gabriel,
D-69434 Hirschhorn/Neckar
Courriel: li-energy.info@arcor.de
Prix: 15 francs / 12 euros (+ frais de port)

Citations
Serment d’un professeur
devant un tribunal administratif:
Je jure qu’une cuve de réacteur à pression ne peut pas exploser.
Un professeur intègre de l’EPFZ:
On n’échappe pas à une évaluation probabiliste des risques.
Reproche d’un collègue:
«Quelques années de travail en politique énergétique ont sans doute endommagé ta rationalité. En matière de sécurité nucléaire, un plus un continue de faire deux.»
Réponse et question: «Tu es marié et tu as un enfant que tu aimes. Est-ce que tu ne pratiques pas une rationalité dans laquelle un plus un peut également faire trois?
Regrets d’un physicien nucléaire
Il était fier de savoir apprivoiser le feu nucléaire,
Il tirait vanité du prestige de sa profession,
Il s’agaçait des doutes de simples citoyens,
Il se défendait par des mensonges qu’on lui avait dictés,
Il était inquiet pour l’avenir des enfants,
Il dissimulait honteusement ses actes passés,
Mais il espère maintenant rattraper le temps perdu.
Extraits de la brochure
«Kernenergie ohne Radioaktivität. Kein Traum.»
(Traduction Horizons et débats)